Le bain de bouche, je suis certaine que vous connaissez, mais le bain de bouche ayurvédique ? Ca vous dit quelque chose ? Cette tradition de la médecine indienne est en fait, un bain de bouche… à l’huile ! Oui, je sais, dit comme cela, ça paraît étrange.

Je me souviens lorsque j’ai entendu parlé de cette méthode la première fois, cela m’a presque dégouté… mais ma curiosité de naturopathe m’a poussé a expérimenté et à me faire mon propre avis ! Oui, les expériences sont fréquentes à la maison (au grand désespoir de certains, parfois ;)), mais j’aime bien vivre et tester les choses par moi-même plutôt que de me contenter de lire ou d’apprendre des aventures des autres.

Je vous parle donc de quelque chose que je pratique et qui fait aujourd’hui partie de ma routine quotidienne du matin.

Revenons-en donc à ce fameux bain de bouche !

 

En quoi ça consiste ?

A prendre une cuillère à soupe d’huile et à la faire circuler dans toute la bouche par des mouvements de mastication ou succion. Attention, l’huile doit être gardée au minimum 15 à 20 minutes pour être efficace, certains auront besoin d’aller jusque 30 minutes.

Pour savoir si le temps pratiqué est suffisant, la couleur de l’huile une fois recrachée doit être de couleur blanche et d’aspect plutôt crémeux. Si elle est encore jaune, le bain de bouche n’a pas été assez long.

 

Quand le pratique-t-on ?

Le matin à jeûn, avant de manger ou de boire quoique ce soit. On peut éventuellement se rincer la bouche avant avec un peu d’eau chaude. Pour en voir les effets, il sera indispensable de le réaliser quotidiennement.

Suite au bain de bouche, on peut de nouveau se rincer la bouche avec de l’eau chaude (l’eau froide n’ôtera pas correctement l’huile) et pour terminer le nettoyer et favoriser la vidange gastrique, prendre un verre d’eau tiède avec quelques gouttes (j’insiste seulement quelques gouttes car beaucoup trop acidifiant sinon) de citron, vert et bio de préférence.

 

Avec quelle huile ?

Les plus puristes de la tradition ayurvédique choisiront de l’huile de sésame, qui a des propriétés détoxiquantes. On peut aussi alterner avec de l’huile de coco qui possède ces mêmes propriétés, et dont on a démontré qu’elle agit sur les virus, les bactéries et certaines infections. Si vous n’avez ni l’un, ni l’autre, l’huile de tournesol peut également convenir. On choisira des huiles de qualité biologique, vierge et de première pression à froid.

 

Dans quel but ?

Mais quel est l’intérêt de ce bain de bouche si étrange me direz-vous ?

L’objectif principal est la détoxination naturelle du tube digestif et l’entretien de la flore intestinale. On sait aujourd’hui que cette flore, c’est près de 80% de notre système immunitaire et qu’elle a de bien nombreux autres rôles encore ! En clair, son état est le reflet général de notre santé. D’où le fort intérêt qu’on lui porte en naturopathie.

Ce que l’on sait aussi, c’est que l’état de notre bouche est très souvent le miroir des autres étages de notre tube digestif. Avec cette vision on comprend mieux pourquoi s’appliquer à prendre soin des intestins sans même prendre la peine de nettoyer et d’assainir la bouche est un non sens.

L’étude des substances recrachées a permis de valider cette pratique ancestrale. En effet, on y retrouve des germes et bactéries à leur premier stade d’évolution. Ce qui confirme également l’importance de nettoyer quotidiennement sa bouche avant de vouloir se lancer dans le nettoyage des autres organes intervenant dans la digestion. C’est dès cette étape qu’il faut enrayer le développement de ces différents germes.

Une bouche plus saine c’est aussi une bouche où se déposera moins de tartre, où les dents et les gencives seront en meilleure santé et où l’haleine se montrera moins chargée.

 

Pour qui ?

J’ai envie de dire que ce bain de bouche est bénéfique à quasiment tout le monde et ne comporte aucun effet secondaire contrairement à certaines solutions pharmaceutiques bien plus abrasives pour les dents ou les muqueuses.

Au contraire, l’usage de l’huile permet ici de protéger les dents et empêche par sa teneur en lipide aux sucres de s’y accrocher.

Les personnes qui devraient s’y essayer en priorité sont :

  • celles souffrant de maux de bouche particuliers : aphtes (qui correspondent, il faut le savoir à des mycoses buccales, donc des champignons), glossite, gingivite, saignements des gencives ou tout autres maux de dents chroniques.
  • celles souffrant d’un déséquilibre de leur flore intestinale comme évoqué ci-dessus

Des améliorations ont également été constatées chez les personnes souffrant de troubles intestinaux chroniques ou encore de pathologies que l’on appelle d’encrassages en naturopathie. A savoir la fibromyalgie, les rhumatismes, l’arthrose, les migraines ou encore l’acné.

 

Mon expérience

J’ai commencé à expérimenter cette méthode par curiosité bien sûr, mais aussi parce que j’avais des problèmes au niveau de mes gencives qui avaient tendance à se rétracter par endroit. Ce qui peut provoquer un inconfort, de vives douleurs au contact d’un aliment, d’un liquide ou tout simplement de la brosse à dent, et puis ce qui fragilise vos dents à terme puisque vos racines se retrouvent à nu (et oui, elles ne sont plus protégées par vos gencives et ne sont pas recouvertes d’émail à cet endroit).

Au bout de quelques jours déjà (peut-être 4 ou 5), j’ai ressenti une vraie sensation de confort et de bouche plus saine le matin et ce, dès le lever. Moins de réaction et de douleurs également, même si mon problème de gencives ne s’est pas solutionné aussi rapidement. Tout ceci me conforta dans l’idée de poursuivre et garder cette nouvelle habitude quotidienne. Concernant le côté inhabituel de l’huile, il se fait vite oublier dès quelques jours de pratique également.

Arrêtée pendant quelques temps (sans trop bien savoir pourquoi d’ailleurs), j’ai rapidement repris cette routine ces derniers mois. La grossesse mettant le système immunitaire au plus bas… et ma flore intestinale étant fragilisée, cela me fait le plus grand bien et je pense poursuivre même après ma grossesse.

Bien sûr ce rituel doit s’accompagner d’un brossage de dent minutieux et bi voire tri-quotidien, de l’usage régulier de brossettes ou de fil dentaire, et également, chose moins courante dans notre culture, du brossage de langue, car oui, là aussi les germes et bactéries adorent se déposer !

Alors, vous êtes prêts à tenter l’expérience ?