Je me souviens avoir adoré mes cours consacrés à la grossesse, à l’accouchement et à la pédiatrie dans mon école de naturo. Je n’étais pourtant pas encore dans cette optique de devenir maman à l’époque, mais je savais que lorsque viendrait ce moment, c’est vers ce type de suivi, d’accouchement physiologique et en conscience que j’aimerais me tourner.

Le suivi classique

L’avant grossesse s’étant un peu compliqué de mon côté,  j’ai dû commencer mon parcours dans un cadre moins « naturel » que prévu. Après plusieurs années d’errance médicale et de gynécologues ne me convenant pas du tout, j’étais alors suivie par un spécialiste compétent, respectueux, humble et, chose suffisamment rare pour être soulignée, dégageant une empathie sincère envers ses patientes. Pour toutes ces raisons, je ne regrette en rien d’avoir été accompagnée par lui pour ces débuts quelques peu chaotiques. D’ailleurs, le but de cet article n’est absolument pas de jeter la pierre au le système de santé allopathique, mais simplement apporter un autre point de vue et offrir des informations aux femmes pouvant se retrouver dans ma situation il y a quelques mois.

La première période délicate passée et ma grossesse avancée des 3 précieux premiers mois, j’ai commencé à me poser pas mal de questions sur le suivi que je désirais réellement, ainsi que le lieu et le type d’accouchement. A ressentir le besoin de revenir vers quelque chose de plus naturel comme je le souhaitais à la base. Sauf que la position de ce gynécologue/obstétricien – qui me convenait tant par ailleurs – était plutôt radicale : il estimait tout cela réservé aux « hippies bobos inconscients ». Loin de moi l’idée de généraliser, mais ce discours semble malheureusement tenu par un grand nombre de praticiens si j’en crois les nombreux retours que j’ai pu avoir. Je pense toutefois plus par méconnaissance de ces autres alternatives et par peur, que par rapport à de réels fondements.

Alors que je suis plutôt habituée à ce type de réflexion en tant que naturo, cette radicalité a pourtant eu pour effet premier de me refroidir… ne m’a pas du tout encouragé à poser plus de questions, ou à exposer mes envies et mes attentes. Si je n’avais pas été aussi convaincue, je me serais sans doute contentée de cette voie classique comme tant d’autres femmes. Mais une part de moi aurait été terriblement frustrée et mon épanouissement n’aurait certainement pas été le même… La grossesse et l’accouchement sont des moments extrêmement précieux et personnels. Chacune devrait pouvoir disposer d’informations claires, complètes et objectives afin d’avoir la totale liberté de choisir la façon dont elle souhaite les vivre. La plupart des personnes que je rencontre, que cela soit dans mon cabinet ou simplement dans mon entourage, ne connaissent même pas l’existence d’autres possibilités. Cela est d’ailleurs vrai pour bien d’autres domaines que ceux de la grossesse et la maternité…

Suivi alternatif et accompagnement global

Mon entêtement, mes convictions et surtout mon envie de les respecter malgré tout, me poussèrent à aller plus loin. J’ai continué à me poser des questions, réfléchir, creuser, demander, et chercher de mon côté. Tout ceci m’amenant de fil en aiguille, à trouver les deux perles de sages-femmes (oui, elles sont deux à assurer le suivi dans mon cabinet) qui allaient pouvoir m’accompagner dans la quasi-totalité de cette merveilleuse aventure, de façon plus naturelle et dans le respect total de mes choix. Ceci à travers un accompagnement global et avec comme objectif final un accouchement en maison de naissance.

L’accompagnement global signifie que vous allez être suivie tout au long de votre grossesse par un seul et unique interlocuteur : votre sage-femme. Cette (ou ce!) sage-femme assurera chacune de vos visites prénatales, animera vos cours de préparation à l’accouchement, sera là pour le jour J si vous choisissez d’accoucher en maison de naissance (ou plateau technique ou encore à domicile selon la façon dont elles travaillent), et assurera votre rééducation périnéale ainsi que votre suivi postnatal. (Selon les cabinets, elles/ils sont ou non équipé(e)s pour vous faire passer vos échographies. Sinon, vous les passerez simplement chez un obstétricien libéral ou à la maternité.)

Mon expérience

Cette relation particulière et privilégiée avec ces deux seules personnes m’a tout de suite beaucoup plue. Le rapport établi n’a rien à voir avec celui que j’ai pu connaître auparavant et convient totalement à ma personnalité plutôt introvertie. En les fréquentant aussi souvent et pour ces sujets tellement intimes que sont la grossesse et l’accouchement, un lien de confiance s’est très vite établit. Bien sûr ces relations dépendront du choix de votre sage-femme, et comme dans toute relation, il vous appartiendra de trouver un(e) professionnel(le) qui vous corresponde à tout point de vue.

J’ai trouvé l’approche bien plus personnalisée et « dé-médicalisée » que dans un suivi classique. Vous ne passez pas à la chaîne en rendez-vous et un vrai temps d’échange existe. Mes sages-femmes ont toujours eu la patience de répondre à chacune de mes questions, d’échanger sur tel ou tel point, me renseigner sur toutes sortes de sujets. Ce qui allait bien au delà des interrogations classiques de grossesse puisqu’on pouvait parler l’allaitement, d’exercices pour soulager le dos ou encore d’équipement en puériculture !

Autre point important pour moi : si vos principales constantes physiologiques sont bonnes (tension, poids, cœur et mouvements du bébé, taille de l’utérus, etc.) que vous n’avez aucun signe particulier et que la sage-femme ne le juge pas nécessaire, nul besoin de subir un toucher vaginal à chaque visite. Acte tellement intrusif, désagréable et systématiquement pratiqué dans un cadre classique.

Les huit séances de préparation à l’accouchement ont été hyper complètes et très rassurantes, durant entre 2h30 et 3h chacune. Il y a eu bien sûr une part de théorie, mais surtout des grands temps de pratique où chaque femme s’exerçait individuellement et assistée de la sage-femme (positions à adopter le jour J selon les moments et la position du bébé, gestion des contractions et de la douleur, respirations, différents types de poussées selon différentes positions d’accouchement, exercices de portage avec écharpe, …) et toujours des longs temps d’échange et questions/réponses. Nous n’étions que 3 femmes dans mon groupe, ce qui est en général le maximum dans ce cabinet et rend là encore, les choses plus personnalisées et conviviales.

En conclusion

Aujourd’hui, à quasiment huit mois de grossesse, je suis complètement séduite par ce choix. Je pense que je n’aurai pas pu trouver plus en accord avec mes envies, mes convictions, et mes besoins. Tout ceci a d’ailleurs largement contribué à ce que je vive aussi sereinement et joyeusement ma grossesse. De même par rapport à l’approche de l’accouchement où je sais que je retrouverai l’une d’elles. Grâce à ces relations de confiance et ce partage avec mes sages-femmes, je ne ressens pas de peur, d’angoisse ou d’appréhension particulière. C’est même un moment duquel je me réjouis. Un moment unique qui fera sans doute partie des plus forts qu’il me sera donné de vivre dans mon existence ici bas.

Enfin, petite précision importante pour celles qui seraient tentées de vivre l’aventure: mon choix personnel est (si tout se déroule bien le jour J) d’accoucher en maison de naissance (un lieu à proximité de la maternité mais non-médicalisé, ce qui signifie un accouchement totalement naturel et physiologique), mais sachez que ce n’est pas du tout une obligation dans l’accompagnement global. D’autres femmes choisissent ce suivi tout en souhaitant accoucher en maternité.

Cet article n’a pas pour but de prôner la supériorité d’un suivi de grossesse sur un autre. Simplement d’informer et de spécifier que d’autres voies que les voies classiques existent (à voir selon la physiologie de votre grossesse bien sûr). Qu’elles peuvent peut-être mieux vous correspondre et qu’il vous appartient de choisir en toute conscience comment être accompagnée pendant cette période si particulière de votre vie et de celle de votre bébé.

N’oubliez pas que vous avez toujours le droit de ne pas acceptez ce que l’on vous impose. De demander des explications. De ne pas être en accord, et de le dire. Posez-vous des questions, faîtes des recherches, discutez, demandez plusieurs avis. Et décidez, en accord avec vos envies, vos valeurs, vos principes. Vous seule êtes en mesure de savoir ce que vous estimer le mieux pour vous, pour votre bébé et votre conjoint. Ne laissez personne le faire à votre place !